Expatriation

Le défi physique que représente mon immigration et ma vie actuelle.

Si j’ai déjà pu vous en toucher deux mots au fil de mes articles, une navigation récente dans mes photos m’a fait réaliser que j’avais bel et bien changé en plusieurs années au Canada. Et je ne parle pas que de mon apparence extérieure. Vivre ici et m’y adapter à été un grand défi et il l’est encore aujourd’hui.

Comme vous le savez si vous avez l’habitude de me lire, je marche avec une canne. En théorie, je devrais même utiliser un fauteuil roulant manuel pour les longues distances, mais ce n’est pas le sujet du jour. Aujourd’hui, je vais vous dire comment je me suis adapté au climat du Québec et comment je me prépare a certaines marches.

En arrivant ici, je n’avais pas vraiment d’endurance à la marche car j’avais un mode de vie extrêmement sédentaire. Je sortais très peu de chez moi et il fallait vraiment que j’y sois contraint ou que le jeu en vaille la chandelle. Comprenez que je sortais pour le boulot (quand j’en avais un) ou pour mes amis qui arrivaient à me faire sortir de ma tanière.

La première chose qui m’a frappé en arrivant à Montréal, c’est la notion de distance. Si les GPS vous parlent encore en mètres, vous aurez tendance à vous référer en nombre de coins de rue à passer pour atteindre votre destination, en particulier si vous êtes à pied. Et la distance est globalement plus grande qu’en Europe. Tout est plus grand donc vous aurez plus de distance à parcourir. Véronique peut en témoigner, pendant les premières semaines de mon existence québécoise, je râlais en permanence car tout me paraissait inaccessible, trop de pas à faire etc. Je me demande d’ailleurs comment elle a fait pour ne pas me dire de la fermer à force!

Face à ce constat, il a bien fallu que je m’adapte. Si je manquais de souffle, c’est parce que je devais éliminer mon surplus de bagage que je traînais. Il n’a pas été forcément question de perte de poids (le chiffre sur la balance est relativement stable depuis des années) mais plutôt de remplacement de la graisse par du muscle. Et c’est aussi avec un rééquilibrage naturel de l’alimentation (comprenez faire sa propre cuisine et ne pas manger que des aliments ultra-transformés) qui a fait le reste. Et surtout, plus important encore, beaucoup plus d’hydratation qu’avant. J’ai perdu ma baby face, beaucoup moins de rétention d’eau à la clé et j’ai pu retrouver une partie de ma force musculaire. Par la suite, c’est l’habitude qui fait qu’aujourd’hui, je parcours 5 km par jour dans les journées actives. C’était impensable en 2016 croyez-moi.

Le deuxième effet d’adaptation obligatoire auquel j’ai dû faire face ici, c’est les écarts de températures. Oui, il y a quelques jours par année où il fait -40 degrés en hiver et plus de 40 degrés en été et non l’hiver n’est pas la seule saison vécue ici. Par contre, ce qui est vrai, c’est que les saisons sont plus tranchées. A mes yeux, il n’y a pas de vrai printemps et l’automne se manifeste plus par la couleur des arbres que par d’autres choses. L’été est très chaud et l’hiver très froid, même si des variations existent, bien entendu. J’ai donc dû m’adapter à ces extrêmes. L’hiver, tout le monde s’équipe selon la température ressentie et je n’échappe pas à la règle avec mon manteau d’hiver, mes gants, mon bonnet et mes bottes. Mais en plus d’avoir des pneus aux pieds, (avec des anti-dérapants du tonnerre), j’ai aussi mon pic à glace. Placé sur le bouchon de ma canne il accroche la neige et brise la glace pour m’empêcher de tomber. Et pour l’été, c’st ventilos à gogo. C’est aussi simple que ça.

Enfin, même si j’ai repris de la force et de l’endurance au fil des années, au point de me contenter de ma canne de marche, je sais aussi poser des limites. Dans la mesure du possible, je planifie ma semaine et mes déplacements pour que la charge musculaire reste dans des limites acceptables, le tout pour éviter de me cramer inutilement. J’ai aussi appris à dire quand j’ai besoin d’une pause, même si la fierté embarque parfois. On ne se refait pas hein. Mais je sais parfaitement quand je vais être dans le rouge, notamment grâce à mon Apple Watch qui est un excellent outil pour doser mes efforts.

Si je suis fier de mon parcours au global, je suis encore plus fier de ma transformation physique, mentale et physiologique. Je suis passé d’un état terrible où je ne me bougeais plus vraiment à celui de quelqu’un sur qui on peut compter. Et qui sait que tout est possible si la force est présente. L’effort que je mets dans mes actions paie ici. Ce n’était pas toujours le cas de l’autre côté de l’océan. Et je suis content de me voir aujourd’hui et je sais que demain sera encore meilleur.

4 commentaires

  • Lilou

    Je viens de lire tout ton parcours concernant « la marche » et je suis sidérée de constater que tu fais 5 km par jour !!! c’est plus qu’impressionnant, c’est incroyable ! Mais venant de toi, rien ne me surprend car tu es un battant physiquement et moralement et je connais peu de choses qui te résistent !
    Bravo Matthieu et je ne vais pas redire que je suis fière de toi car tu vas penser par dire que « je radote »…
    Hi hiiiii ! Je t’embrasse fort et continue ainsi, tu es sur la bonne voie pour parvenir à tes fins.

    • Matthieu Meignan

      Merci beaucoup pour tes mots Lilou, il me touchent énormément. Je te rassure, tu ne radotes pas, d’autant que je sais que tes mots viennent du coeur. Et crois-moi, je suis le premier surpris d’une telle réussite physique. J’ai écrit tout ceci en espérant inspirer d’autres personnes, peut-être un jour.

  • Enaid

    Hello Matthieu,

    Je suis impressionnée par ton changement et je serais prête à dire que ces petites sorties quotidiennes te font du bien, aussi bien pour ton corps que ton esprit.

    C’est aussi un signe de bien-être que de sortir de chez toi, alors qu’auparavant tu restais dans ta bulle de confort.

    Félicitations pour ces beaux efforts, keep going!

    Merci pour ce bel article.

    Bises nantaises

    • Matthieu Meignan

      Merci beaucoup Diane! C’est vrai que ces sorties, parfois dans des conditions extrêmes m’ont fait du bien et effectivement, mon esprit est sorti de sa léthargie sur bien des plans. Et oui, ça s’intensifie encore. Keep going too!

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